Depuis leur traversée du Détroit de Gibraltar le 8 novembre, le Vautour de Ruppell GR73 a atteint le Sénégal après un voyage de 19 jours. Il a été suivi par le Vautour africain GA05, qui est arrivé à l’extrême sud-ouest de la Mauritanie, à quelques kilomètres du Sénégal, le 30 novembre après 22 jours. En revanche, le GR71 a été retrouvé près de Sekoura M’daz le 26 novembre, à l’est de la ville de Fès au Maroc, et puis récupéré par les services competens de DREFLCD de Fès-Boulemane de l’ANEF avec la colaboration de M Rabie Atlas (Naturaliste de la région).
Itinéraire des Vautours
Les itinéraires empruntés par les deux premiers Vautours lors de leur migration à travers le Sahel ont inclus le Maroc, l’Algérie, le nord du Mali, puis la Mauritanie, avant d’atteindre le Sénégal. Cet itinéraire est courant pour les Vautours fauves migrateurs, bien que la durée de ce trajet ait été supérieure à la moyenne habituelle de 10 à 15 jours depuis le Détroit de Gibraltar.
Détails sur le Vautour de Ruppell GR73
- Durée au Maroc : 7 jours
- Durée en Algérie (sud-ouest) : 5 jours
- Durée au Mali (nord-ouest) : 1 jour
- Durée en Mauritanie : 6 jours
- Distance parcourue : 3661 km
- Moyenne par jour : 190 km
- Altitude maximale : 2822 m au massif de Tichoukt, près de Boulemane
Détails sur le Vautour africain GA05
- Durée au Maroc : 6 jours
- Durée en Algérie (sud-ouest) : 5 jours
- Durée au Mali (nord-ouest) : 1 jour
- Durée en Mauritanie : 10 jours
- Distance parcourue : 3314 km
- Moyenne par jour : 150 km
- Altitude maximale : 3192 m au Haut Atlas oriental, au Maroc
Détails sur le Vautour de Ruppell GR71
Le Vautour de Ruppell GR71 a passé plusieurs jours dans la région de Chaouen, au nord du Maroc, avant de se diriger vers le sud-est. Il a été constaté qu’il était épuisé après 18 jours de migration.
- Distance parcourue : 500 km
- Moyenne par jour : 27 km
- Altitude maximale : 2394 m au parc national d’Ifrane
Les raisons de son épuisement demeurent inconnues, mais l’hypothèse de désorientation, suite à une probable perte des flux migratoires, semble être la plus plausible, compte tenu des pertes observées chez l’espèce dans des situations similaires au Maroc.
Ce suivi s’inscrit dans un programme scientifique ambitieux consacré aux vautours africains, piloté par l’AMPOVIS et l’ANEF, en partenariat avec l’UICN-Med, la Junta de Andalucía, GREFA, l’AMPR, le VCF et le Wildlife Lab, entre autres.
Les deux vautours qui ont fréquenté le Sénégal fourniront des données précieuses pour la recherche scientifique sur ces deux espèces classées comme en danger critique sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN.
Leurs déplacements saisonniers ainsi que leurs mouvements locaux offriront des perspectives importantes qui contribueront à notre compréhension et approfondiront nos connaissances sur ces espèces, dans le but d’aider à leur conservation.
